lundi 14 mars 2016

Analyse détaillée du projet de Loi El Khomri : de quoi parle t-on ?

Collecte Capdevielle, députée de la 5ème circonscription des Pyrénées Atlantiques, avocate de profession, nous livre son analyse détaillée et son avis (parfois critique). Très instructif !



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“Donner du temps au temps”.
En France, pour réformer, pour changer notre droit, notre droit social, il faut du temps : le temps de réfléchir, de s’écouter, d’analyser, de se respecter.
Depuis le début du mandat, j’ai beaucoup travaillé sur les questions de droit pénal et de procédure.
Nous venons encore de réussir l’examen de deux textes majeurs, tout simplement parce que nous avons pris le temps.
Christiane Taubira, dès qu’elle a été nommée ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a immédiatement mis en place une Conférence de consensus, immense et ambitieux chantier, associant tous les acteurs de la justice, afin de les faire travailler ensemble et dégager les grandes pistes de réformes.
Soyons honnêtes, c’est bien grâce à ce travail préliminaire que nous avons fait accepter la contrainte pénale, la suppression des peines plancher, l’individualisation des peines, le renforcement des pouvoirs du juge des libertés et de la détention, la réforme du statut du parquet, que nous allons supprimer les tribunaux correctionnel pour mineurs et réformer le statut du Conseil supérieur de la magistrature.
On ne réforme pas le droit social sans ce chantier de mise au point entre les partenaires sociaux, de réflexions, de consultations, de propositions, préalables indispensables à toute réforme acceptée et donc réussie.
Cela n’a pas été fait et je le regrette amèrement.
Il n’est pas possible de réformer en profondeur le code du travail un an avant la fin du mandat, sans avoir réalisé préalablement une conférence nationale de consensus.
Dès lors ce qui est arrivé était écrit : fuites dans la presse du texte de l’avant projet, rumeurs d’un hypothétique recours à l’article 49–3 de la Constitution, consultation tardive des partenaires sociaux, compte Twitter infantilisant se voulant répondre à une exceptionnelle pétition en ligne réussie, jeunes, syndicalistes et travailleurs descendant dans la rue…
Quel dommage ! Dommage car le texte contient à la fois des avancées très intéressantes et novatrices et des reculs inacceptables qui occultent et obèrent complètement les mesures sociales-démocrate du projet initial.
J’ai pris le soin ces jours derniers d’éplucher le texte en détail. Je vous propose de lire ci-après l’exposé des motifs et l’intégralité de l’avant projet en cliquant : ICI

Avancées de ce texte et ses apports concrets.

Examinons les avancées de ce texte et ses apports concrets.
Certaines dispositions sont totalement inconnues et novatrices.
L’article 1er fixe les principes essentiels du droit du travail, les droits et libertés, tels qu’écrits par Robert Badinter.
Ils figureront en préambule du Code du travail.
Le projet de loi prévoit la création d’une commission de refondation du Code du travail dont l’objectif sera, dans le délai de 2 ans, de réécrire le futur Code sur la base des principes essentiels dégagés par le comité présidé par Robert Badinter.
Le Code du travail aura ainsi une nouvelle architecture en 3 parties :
  • La fixation des règles d’ordre public
  • La négociation collective
  • Les règles supplétives en l’absence d’accord collectif
Étrangement, car cela n’est pas cohérent, le projet de loi met déjà en place cette nouvelle architecture et seulement pour la partie relative au temps de travail et aux congés.
L’avant projet de loi crée le CPA (Compte Personnel d’Activité) dont le “but est de donner à chaque travailleur la capacité de construire son parcours professionnel”.
Cette mesure ne concerne pas que les salariés, mais tous les actifs (ce qui explique le titre du projet de loi), y compris les agents publics, les travailleurs indépendants, les personnes privées d’emploi.
Le but consiste à donner à chaque travailleur la capacité de construire son parcours professionnel dans un monde du travail en constante évolution.
Ce CPA devrait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2017.
Le texte clarifie les règles au sujet du droit à congés (article 4) et il étend ce droit, créé le congé de solidarité familiale, de proche aidant, pour engagement associatif, politique ou militant, le congé mutualiste de formation, de participation aux instances d’emploi et de formation professionnelle ou à un jury d’examen, le congé pour catastrophe naturelle, de formation de cadres et d’animateurs pour la jeunesse, de représentation, de solidarité internationale, pour acquisition de la nationalité , le congé pour période de travail à temps partiel pour la création ou la reprise d’entreprise, le congé sabbatique.
L’article 5 crée le compte épargne temps lequel permet au salarié d’accumuler des droits à congé rémunéré.
L’avant projet de loi prévoit aussi une augmentation importante de 20% des heures de délégation pour tous les délégués syndicaux et ce afin de faciliter leur mandat et leur formation syndicale.
L’article 16 sécurise le cadre juridique de mise à disposition des locaux syndicaux, notamment par les collectivités territoriales et ce afin d’éviter l’arbitraire et ce avec des mesures protectrices et une indemnisation en cas de non respect.
Le texte prévoit aussi la dématérialisation des bulletins de salaire (sauf si le salarié y est opposé). Notre pays est très en retard à ce sujet –15 % seulement de bulletins de salaire dématérialisés – contre 95 % en Allemagne et 73 % en Grande-Bretagne.
Le texte crée aussi de nouveaux droits, le droit à la déconnexion informatique, c’est à dire le droit à un repos, et il fixe de nouvelles règles protectrices pour les salariés, de plus en plus nombreux, qui pratiquent le télé-travail.
En matière de difficultés économiques, l’avant projet prévoit que désormais un accord de branche pourra définir la durée de la baisse des commandes ou du chiffre d’affaire et la durée des pertes d’exploitation venant caractériser ces difficultés. À défaut d’accord, les critères seront fixés par le Code du travail.
Il s’agit là d’une garantie pour les salariés, afin d’éviter des critères flous et imprécis.
En matière d’apprentissage, désormais les apprentis se verront délivrer une attestation de compétences en cas de rupture et ce pour valoriser leur parcours.
Les conditions d’éligibilité au contrat de professionnalisation vont être élargies à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2017 .
L’avant projet prévoit également une très importante réforme de la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience). L’accès va être facilité par de nouvelles mesures visant à la développer. La durée d’expérience est réduite de 3 ans à 1 an, toutes les périodes de formation seront prises en compte, tous les contrats qu’il s’agisse de CDD ou CDI ou interim et la procédure va être considérablement raccourcie et simplifiée.
S’agissant des contrats de travail saisonniers, désormais l’ancienneté sera prise en compte dans les droits des salariés.
L’article 40 prévoit tout un ensemble de dispositions facilitant les groupements d’employeurs.
La médecine du travail va être modernisée, avec un ciblage des moyens pour les salariés exposés à des risques particuliers.
Le nouveau texte renforce le suivi des salariés tout au long de leur carrière, étendant ce droit aux intérimaires et titulaires de contrats courts.
En cas d’inaptitude les voies de recours sont clarifiées.
Enfin le texte prévoit un ensemble de dispositions visant à lutter contre le détachement illégal de salariés, créant des obligations pour les maîtres d’ouvrage et donneurs d’ordre lorsqu’ils ont recours à des prestataires établis à l’étranger, avec création d’une compensation.

Des dispositions portent atteinte aux droits sociaux fondamentaux

Mais plusieurs dispositions de l’avant-projet portent atteinte aux droits sociaux fondamentaux et, en l’état, ne sont pas acceptables.
 Il s’agit tout d’abord des dispositionscontenues à l’article 30 et qui concernent le barème contraignant des indemnités prononcées par le Conseil des Prud’hommes en cas de licenciement dépourvu de cause réelle réelle et sérieuse et de licenciement économique.
Il ne faut pas confondre avec l’indemnité de licenciement qui est fixée par les conventions collectives et le code du travail.
Il s’agit bien de dommages et intérêts, destinés à réparer le préjudice subi par le salarié du fait du caractère abusif de son licenciement.
Ce préjudice étant réel, direct et personnel un barème déterminé et contraignant n’est pas acceptable.
En effet la situation de chaque salarié est différente, elle tient compte de l’ancienneté, du salaire, de la situation personnelle, des efforts accomplis pour s’adapter à l’emploi, des diplômes, des efforts pour se former…
Si l’idée d’un barème indicatif est un progrès pour éviter les disparités territoriales qui sont une réalité, il faut laisser au juge une totale liberté d’appréciation.
Ces barèmes indicatifs existent déjà en droit de la famille pour les pensions alimentaires, en droit de la responsabilité pour indemniser les dommages (IPP, ITT , precium doloris…). Il ne serait pas inutile de les étendre aux licenciements abusifs et seulement dans le cas d’absence de cause réelle et sérieuse.
S’agissant du licenciement économique, l’article 30 bis pose une nouvelle définition du licenciement en cas de cessation d’activité de l’entreprise et réorganisation en vue de sa sauvegarde et sa compétitivité.
Il prévoit que désormais le périmètre d’appréciation du motif économique se fera au niveau de l’entreprise et non du groupe !
Il s’agit là d’un recul considérable sur les textes actuels et une jurisprudence établie depuis des décennies.
Rien n’est plus facile pour un grand groupe que de placer artificiellement l’une de ses filiales en difficulté…
Cette disposition doit être retirée du texte !

Comment accepter également les dispositions visant à fixer une nouvelle durée de travail maximale pour les apprentis, soit 10 heures par jour et 40 heures par semaine.

Rappelons que, le plus souvent, les apprentis sont mineurs et que du fait de leur statut ils doivent suivre également des cours théoriques.
Il n’est pas question qu’ils soient la variable d’ajustement pour l’entreprise et qu’ils remplacent des salariés.

Ce n’est pas avec de telles mesures que nous favoriserons l’apprentissage qu’il convient au contraire de développer et de protéger.

Si l‘accord collectif négocié doit être la règle pour régir les relations du travail, ce n’est qu’au niveau de la branche que cet accord doit être réalisé et non au niveau de l’entreprise comme prévu dans l’avant-projet.
Compte tenu du très faible taux de syndicalisation, qui reste un problème en France, particulièrement dans les TPE et les PME , il convient de protéger les salariés de tout accord d’entreprise et ce tant que les salariés ne seront pas protégés par une représentation syndicale forte.
Dans le même esprit, le texte prévoit que les accords peuvent être conclus pour une durée indéterminée. Cette disposition doit être retirée du texte, le droit du travail étant par nature un droit évolutif.
Enfin l’article 29 prévoit « qu’un accord de branche étendu peut contenir, le cas échéant sous forme d’accord type indiquant les différents choix laissés à l’employeur, des stipulations spécifiques pour les entreprises de moins de 50 salariés. L’employeur peut appliquer cet accord type à travers un document unilatéral indiquant les stipulations qu’il a retenues. »
Il s’agit là d’une rupture d’égalité entre salariés, défavorable aux salariés des PME.
Les règles d’adaptation ne peuvent pas être décidées unilatéralement, ce qui est contraire à l’esprit du Code du travail tel que dessiné par Robert Badinter.
Telles sont à mon avis les dispositions du texte qui doivent être soit retirées, soit totalement réaménagées.

C’est l’enjeu des jours à venir et je resterai attentive aux mobilisations et aux négociations.
Dès ce début de semaine, je recevrai toutes les organisations syndicales locales, pour débattre, voir ensemble quelles dispositions sont encore négociables, celles qui doivent être retirées du texte.
Je suis prête à engager, comme je l’ai déjà fait sur nombre de textes, une bataille parlementaire.
Notre groupe SRC est déjà au travail depuis la semaine dernière et le Président de la République est très attentif aux préconisations parlementaires.
Plus que jamais je souhaite que les arbitrages tiennent compte des préoccupations légitimes de nos compatriotes.
Je ne suis pas intimement convaincue que ce texte, tel qu’il est rédigé, créera de l’emploi de manière directe ; par contre je pense qu’il peut considérablement réduire la précarité de trop nombreux salariés qui n’ont d’autre perspective que le CDD ou l’intérim.
Faisons confiance à l’intelligence collective.


Joelle PAQUET témoigne sur son CDI dans le GE Sport et Loisirs des Landes



Joëlle PAQUET,  diplômée d'un brevet d'Etat sportif, a elle même fédéré ses différents employeurs au sein du groupement d'employeurs et a pu financer son CQP, témoignage très intéressant en vidéo en cliquant sur l'image ci dessous :






Pour en savoir plus sur Profession Sport et loisir des Landes, cliquez: ICI

jeudi 10 mars 2016

La version actualisée du guide des groupements d'employeurs "non marchands" est en ligne




Paru en 2012 ce guide pratique des Groupements d'Employeurs "non marchands" est devenu une référence.
On compte 14 groupements d'employeurs qui ont participé à l'étude d'origine de ce guide.

Ces auteurs, le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et l’Avise ont décidé d'une réactualisation de l'ouvrage à l'occasion des 30 ans de la Loi sur les groupements d'employeurs

Une excellente synthèse de 8 pages résume toutes les modifications légales qui sont intervenues depuis 2012.

Malheureusement l'Etat des leiux des GE non marchand n'a pas été actualisé. C'est dommage car on aurait pu constater un développement beucoup plus fort des groupements d'employeurs dans le secteur "non marchand" que dans le secteur "marchand"

Pour acceder au Guide mis en ligne par le Ministère cliquez : ICI

mercredi 9 mars 2016

Le GEIQ régional Emploi & Handicap récompensé pour son action « Développer l'alternance handicap dans le Nord–Pas-de-Calais »

Récompensé le 17 février à Paris au ministère de la Santé par le Prix Klesia, le GEIQ régional Emploi & Handicap est un outil d’insertion performant pour les personnes en situation de handicap, éloignées du marché du travail. 

Coup de projecteur sur une association utile, mais encore méconnue.








C’est une vraie reconnaissance pour le GEIQ qui souffre encore d’un déficit d’image. De son travail en faveur du handicap et de la diversité, comme de la perception par le public du handicap. Car, contrairement aux idées reçues, les personnes en fauteuil roulant ne représentent que 2 %, et 80 % des cas de handicap arrivent au cours de la vie (problèmes de dos, d’allergies, diabète, accidents...)
Le 17 février, au ministère de la Santé, Klesia, qui œuvre en faveur de la protection et de l’innovation sociale, a récompensé quatre initiatives solidaires en faveur des personnes en perte d’autonomie, handicapées et âgées dépendantes, en présence de Laurence Rossignol, ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes. Pour cette 8e édition, le Prix Emploi a été décerné au GEIQ Emploi & Handicap pour son action « Développer l'alternance handicap dans le Nord–Pas-de-Calais ».
Le GEIQ avait reçu en 2015, à Lille, le prix « Les pépites de l’alternance » décerné par la CCI et le MEDEF. Cette nouvelle récompense est méritée pour le plus important GEIQ de France sur les 140 existant, avec 500 salariés ramenés à l’emploi depuis quinze ans.

Un tremplin à l’emploi

Ce Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (aidé par Pôle-Emploi), financé à hauteur de 80 % par les entreprises, est aussi le seul en France à sélectionner, recruter, former, accompagner un public handicapé, proposé ensuite dans le cadre de contrats en alternance ou d’insertion à des entreprises partenaires : « C’est un dispositif conçu pour ramener ce public vers le monde de l’entreprise, explique François Delannoy, directeur du GEIQ. C’est un tremplin à l’emploi pour un public plutôt éloigné de l’emploi et formé à des métiers qui ont du mal à recruter dans différents secteurs d’activité ».
Le GEIQ joue donc le rôle de « facilitateur ». L’entreprise confie son besoin en recrutement et le GEIQ « parie alors sur le potentiel d’une personne qu’elle forme. Elle devient son employeur et gére l’alternance, l’aménagement de poste, sensibilise le personnel non handicapé » de l’entreprise à l’arrivée d’un collègue qui souffre de handicap et effectue des points réguliers pour vérifier que l’intégration est réussie. « Mais l’originalité du dispositif, souligne François Delannoy, c’est que, en étant employeur, c’est nous qui prenons le risque !... On refacture ensuite aux entreprises la mise à disposition du salarié ».

GEIQ :40 rue Eugène-Jacquet à Marcq.
Tel : 03 59 31 81 57 geiq@emploi-et-handicap.fr 
www.geiq-emploiethandicap.com



ALISE REGION CENTRE recherche son Directeur d'agence de l'Indre

Détail de l'offre : Directeur groupement d’employeurs et Responsable de l’agence de l’Indre H/F



Offre d'emploi Directeur groupement d’employeurs et Responsable de l’agence de l’Indre H/F

161410477W-200182-999993
08/03/16
08/03/16
ALISE REGION CENTRE -VIERZON
1 en CDI
Cadre du secteur privé
Indre et Cher
45 K€ brut/an
Expérimenté
ANNE CECILE BIDEAUX 
RH

Mon réseau

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  • Entreprise :
ALISE REGION CENTRE, Groupement d’employeurs, créé en 1996,  situé sur le département du Cher et de l’Indre (90 salariés, 180 entreprises adhérentes) recherche, un(e) Directeur (trice) du Groupement d’employeurs et Responsable de l’agence de l’Indre, afin de poursuivre le développement de son activité (création d’emplois à temps partagé et de parcours d’insertion).
  • Poste et missions :

DIRECTION DU GROUPEMENT D’EMPLOYEURS :
  • Animation de l’équipe permanente (6 personnes),
  • Gestion de la structure (budget, suivi de l’activité,…).
  • Relations extérieurs (partenaires emploi, UGEF, institutionnels)
  • Organisation et animations de réunions (conseil d’administration, réunion du bureau et réunion d’équipe)
  • Montage des dossiers financiers et de subventions
  • Suivi de l’activité
  • Veille stratégique et pilotage des actions
    RESPONSABLE DE L’AGENCE DE L’INDRE :
    Prospection auprès des entreprises en vue de recueillir leurs besoins en personnel,
  • Analyses et rapprochements des demandes et construction des postes,
  • Etablissement des contrats de mise à disposition et tarification,
  • Suivi des entreprises adhérentes et des contrats,
  • Développement de l’agence et suivi d’activité
    Profil :
  • Formation bac + 3 minimum, domaine commercial, gestion/finance ou Ressources Humaines,
    Expérience confirmée en gestion de structure et management d’équipe
    Connaissance exigée du bassin d’emploi du département de l’Indre
    Aisance relationnelle, capacité à fédérer

  • Connaissance des problématiques emploi – formation, et des TPE et PME
  • Lieu : poste basé au Siège Social à  Vierzon (Cher)  et Châteauroux (Indre)
Pour en savoir plus cliquez : ICI

mardi 8 mars 2016

Les Groupements d'Employeurs se développent dans le secteur de l'Aide à Domicile

Le premier GEIQ de l’aide à domicile, GEIQ ADI Alpin, est né en Savoie en 2010. Le modèle de ce GEIQ a convaincu puisque l’on peut en dénombrer  8 aujourd’hui sur l’ensemble du territoire français (à découvrir sur le site de la fédération Française des GEIQ).
Les GEIQ de l’aide à domicile proposent un parcours de formation en alternance ( 12 à 13 mois) qui répond à la spécificité du métier : intervenir seul au domicile des personnes âgées ou des familles. Le GEIQ ADI a su dès le début défendre auprès de l’OPCA un modèle adapté: une formation théorique de 500 heures environ (selon les formations qualifiantes) complétée par 200 heures de tutorat financé. Et c’est bien ce financement du tutorat qui convainc les associations employeurs.


Fort de ce succès ( en 2014 ces GEIQ affichaient 86% de taux de qualification et 72% de sorties positives), et de la pertinence du dispositif qui sécurise  le parcours des salariés mis à disposition, le GEIQ ADI Alpin initie le lancement d’un nouveau parcours de 18 mois (voir communiqué de presse) qui pourrait bien convaincre dès 2017 les autres GEIQ du secteur regroupés au sein d’une coordination.

Le GEIQ ADI Alpin initie en contrat de professionnalisation sa première formation interdépartementale de TISF,

Technicienne d’Intervention Sociale et Familiale

Une réponse aux besoins des associations d’aide à domicile adhérentes

La vocation première d’un GEIQ (Groupement d’Employeur pour l’Insertion et la Qualification) est de recruter et d’organiser des parcours de formation et de qualification pour le compte des adhérents qui rencontrent des difficultés récurrentes de recrutement. Avec l’Institut CARREL de Lyon, le comité de pilotage a construit un parcours de formation en alternance TISF (niveau 4) adapté aux besoins du secteur. La formation théorique est basée à Chambéry, de janvier 2016 à juin 2017.

Un parcours en alternance construit sur mesure

Organisé à partir de la spécificité de l’intervention au domicile des familles, ce parcours est construit sur le modèle des parcours ADVF (Assistante de Vie aux Familles) et DEAVS (Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de Vie Sociale) initialement proposé par le GEIQ ADI Alpin :
-       Formation théorique en centre et mise à disposition au sein des associations adhérentes
-       Tutorat professionnel renforcé
-       Coordination et accompagnement individualisé par le GEIQ

Le tutorat financé, pierre angulaire des formations organisées par les GEIQ de l’AAD (Aide A Domicile)

Uniformation, l’OPCA de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile, convaincu de la spécificité et de la pertinence du tutorat organisé directement au domicile des familles avec des professionnels formés à la fonction de tuteur, finance 200 heures de tutorat professionnel et social. Un engagement qui permet au GEIQ de sécuriser le parcours des salariés mis à disposition.

Contact : Stéphanie GUENIN
Email : sguenin@geiqadi.fr
Tel : 09 81 28 11 11
       06 60 08 48 02
GEIQ ADI Alpin
ZA, 124 rue de la Prairie
73 420 VOGLANS

Comité de pilotage TISF :
ADMR 73
AFD 73
AAFP  01
AAFP 74
ADF 38


Création en 2010

Les chiffres 2015 du GEIQ ADI Alpin 
30 adhérents des départements de l’Ain, Isère, Savoie et Haute Savoie.
66 salariés en contrat de professionnalisation.

Formations proposées :
ADVF, DEAVS (1 an).

A noter aussi pour être complet la fermeture du G.E.A.D.S.P (Gpt Employ Asso Devel Sce à Personne) en Gironde et la sortie du réseau GEIQ de DMS 24 spécialisé dans le médico-social

dimanche 6 mars 2016

La société d’intérim espagnole Terra Fecundis, premier employeur agricole du Grand Sud, dans l'oeil du cyclone.

La société d’intérim agricole espagnole, spécialisée dans l'envoi d'ouvriers sud-américains dans les campagne françaises, est sous le coup d'une enquête.

Terra Fecundis, une société d'intérim espagnole qui s'est fait une spécialité d'envoyer des milliers d'ouvriers sud-américains travailler dans les campagnes françaises en pratiquant le« dumping social », est sous le coup d'une enquête de la justice française, qui soupçonne des fraudes. 

Des milliers de travailleurs
Le procureur de la République de Marseille Brice Robin l'a déclaré mardi, en révélant l'existence de cette enquête : ouverte depuis plus d'un an à Marseille, elle devrait « bientôt » connaître des développements en Espagne, avec l'envoi d'un magistrat français « pour procéder à des auditions et des perquisitions ».


Cette procédure, visant des faits qui impliquent « plusieurs milliers de personnes »employées dans les campagnes du sud de la France, pour des salaires très faibles, est l'un des plus gros dossiers de fraude présumée qu'instruit le tribunal de Marseille.

L'entreprise d'intérim, établie à Murcia (sud de l'Espagne), envoie chaque année de manière temporaire des travailleurs venus en majorité d'Equateur, dans des exploitations agricoles du Sud Ouest, des Bouches-du-Rhône, de l'Hérault, du Gard ou encore d'Ardèche.

Soupçons de « fraudes aux prestations »
La justice française soupçonne des « fraudes aux prestations de services internationales »et travaille en collaboration avec les autorités judiciaires espagnoles, a précisé M. Robin. Pour l'instant, l'enquête tente « d'identifier les auteurs et les responsables de cette fraude », dit-il. Les travailleurs agricoles français et les entreprises qui respectent le droit du travail seraient victimes de concurrence déloyale de la part de Terra Fecundis.


La société, de droit espagnol, envoie en effet ses salariés en Italie ou en France à la manière des travailleurs « détachés », dont l'emploi sous de strictes conditions est légal, mais « sans respecter malheureusement les règles sociales et fiscales qui s'imposent en France », a détaillé le procureur.

Plusieurs parquets s'étaient saisis de la situation et le dossier a été regroupé à Marseille entre les mains des magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) il y a environ un an et demi.

Sollicitée par l'AFP, Terra Fecundis n'était pas en mesure de réagir sur l'enquête mardi, son directeur n'étant pas joignable pour le moment.

Les syndicats alertés
Les ouvriers agricoles qu'elles emploient touchent un salaire de 800 à 900 euros par mois, bien en-deçà des normes françaises, selon le parquet. Les syndicats, et notamment la CGT, dénoncent depuis des mois leurs conditions de travail, parlant « d'esclaves du XXIe siècle ».


Alertée par des travailleurs agricoles français ou marocains qui se retrouvaient au chômage du fait de la concurrence de ces salariés « low-cost », la Fédération nationale agroalimentaire et forestière de la CGT (CGT-FNAF) avait déjà dénoncé en juillet 2015 les agissements de Terra Fecundis.

« On a été sur le terrain, lors des récoltes de fruits, des moissons, des vendanges et on a découvert de véritables camps, des caravanes insalubres. Ils n'ont pas de droits sociaux et ne touchent pratiquement rien », décrit Johnny Neto, secrétaire fédéral de la FNAF-CGT.

12 à 14 heures de travail par jour
Certains travaillent de douze à quatorze heures par jour et sont logés dans des locaux parfois sans eau, sans électricité ni fenêtre, décrit le syndicat. « S'ils sont trop revendicatifs, ils sont renvoyés chez eux. Dans certains endroits, on retourne à l'esclavage », poursuit M. Neto.


Le fonctionnement de Terra Fecundis a en effet déjà été décortiqué dans un rapport de février 2014 sur la lutte contre le dumping social du député PS de Gironde Gilles Savary.

Rien que dans le Gard, en 2012, l'entreprise avait déclaré un effectif de 2 277 salariés détachés pour 100.000 jours d'intervention. Ses salariés étaient pour la plupart « des travailleurs équatoriens célibataires » dotés de titres de séjour espagnols et envoyés pour des séjours de huit mois en Europe, selon ce rapport.

Terra Fecundis facturait « 13 à 15 euros de l'heure contre 20 à 21 euros pour une entreprise d'intérim française », décrivait-il.